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Les plages du débarquement : émotion grand format

Les plages du débarquement : émotion grand format

ACTUALITÉ DU 09/07/2020

Une émotion forte vous emporte en marchant sur les plages du Débarquement : c'est très banal quand on le dit, mais c'est très réel quand on le vit ! La centaine de lieux de mémoire répertoriés – plages, musées, sites naturels, vestiges – attire chaque année 5 millions de visiteurs dont la moitié vient de l'étranger. Ça ne vous échappera pas, cette bande côtière historique (entre Sainte Mère-Église et Cabourg) est aussi un espace de fantastiques paysages. La Normandie attire de plus en plus de voyageurs, pour son tourisme de mémoire mais aussi évidemment pour la mer, l'air, l'art de vivre qu'elle cultive (very very frenchy), sa gastronomie, la variété de son patrimoine, sa nature, ses rendez-vous culturels... et ses Normands !

Revenons à l'Histoire. A partir du 6 juin 1944 (Jour J ou D Day), une opération de débarquement des Alliés est lancée. Objectif : chasser l'occupant nazi et libérer la France. L'opération est d'une audace incroyable. C'est dans l'entourage de l'Anglais Winston Churchill que naît l'idée de bâtir un immense port flottant (tout ça très rapidement, dans le plus grand des secrets et à quelques pas de l'ennemi). Quand vous vous promenez sur ces lieux, avec ces chiffres en tête, c'est encore plus impressionnant : le Débarquement de Normandie (sur Omaha Beach, Utah Beach, Sword Beach, Gold Beach et Juno Beach) le 6 juin 1944, ce sont 132 000 soldats alliés qui débarquent (l'équivalent de la population de Brest ou de Limoges), 25 500 marins, 23 400 parachutistes, 2 200 bombardiers (larguant 10 000 tonnes de bombes), 12 000 avions, 12 000 véhicules terrestres, 7 000 navires. Au total, 200 000 véhicules alliés de toutes sortes ! Le D-Day, ce fut aussi et d'abord la mort qui frappe. Ne les oublions pas, 6 000 Américains ont perdu la vie ici même, mais aussi beaucoup de Britanniques, de Canadiens, et des Français Libres (souvent oubliés dans les récits historiques)...

Visiter cette histoire en famille, c'est possible ! Mais à partir de quel âge ?

Il y a plusieurs façons de visiter ces plages, chacun est libre... c'est le meilleur hommage qu'on peut rendre à ces combattants de la liberté ! La première fois, j'y suis allé au hasard (sur ce secteur des 5 plages, Omaha, Utah, Sword, Gold et Juno, très proches des 5 villages vacances et hôtels clubs Cap France de Normandie. Ce mode hasardeux comporte le risque de zapper un incontournable, mais il est plaisant et enrichissant tout de même. On pose sa voiture (ou son vélo), on marche, on découvre un monument ou un vestige, on s'interroge, on entre dans un commerce, on questionne, on ressort, on court à la mairie attraper une autre info et on finit par en savoir plus et raccrocher cet élément à un épisode de l'histoire. C'est le mode enquêteur. Lors de ma première à Arromanches-les-Bains (Gold Beach), la vision qui m'est d'abord tombée dessus est celle d'une petite rue qui descend vers la mer. Sur la droite, un monument, vaste et rectangulaire. Au centre, le visage en médaillon d'un militaire britannique. Il s'agit du Major Beckett. Explications : « En 1942, Winston Churchill souleva le problème de l'ancrage des jetées du futur port artificiel d'Arromanches. Le Major Beckett résolut le problème en créant des routes flottantes, leurs jetées et les ancres Kite qui permirent au port artificiel de surmonter la tempête du 13 au 18 juin 1944 et de devenir la clé de la victoire en Normandie ».

Plages du Débarquement

Dans vos balades sur les plages et autour, ce sont des centaines de personnages comme Beckett que vous allez rencontrer, au hasard d'une plaque, d'un monument, d'un témoignage. La construction de ce port flottant représentait une immense prouesse technique. Au musée du Débarquement, à Arromanches, vous trouvez des maquettes, films et reconstitutions qui vous permettent de saisir la puissance de cet enjeu. Ce musée peut être un bon point de départ avant d'entamer votre circuit des plages du Débarquement. Sur la Gold Beach, vous verrez également des vestiges de ces ports provisoires. Cette époque de libération était héroïque... et tragique. Se pose donc la question des visites en famille avec des enfants. « Les enfants sont en mesure de comprendre cette histoire sombre à partir de 7/8 ans », indique le responsable d'un des musées normands, « apprendre en s'amusant, même sur un sujet aussi sérieux, c'est possible ». Voici l'extrait d'un récit de visite avec des enfants, sur la plage de Courseulles-sur-Mer et au Centre Juno Beach, « un musée pensé pour les enfants » : « A peine garés, les enfants courent vers la plage. Une longue plage de sable. L'endroit même où les troupes canadiennes ont débarqué en 1944. J'explique aux enfants que le débarquement a eu lieu à marée basse et que la mer était bien plus agitée qu'aujourd'hui. On entre ensuite dans un bunker. Chloé nous pose un tas de questions. Simon, lui, brandit un pistolet fictif. Je lui dis de ne pas jouer à la guerre. À quelques mètres de la plage, se dresse le Centre Juno Beach. C'est le musée canadien des plages du Débarquement. Le film de 4 minutes débute. Il est projeté dans ce qui évoque un bateau à fond plat. Les témoignages sonores nous plongent dans l'histoire de ces soldats et de leurs familles restées au pays. Ici, les enfants peuvent manipuler. Prévoyez 1h30 minimum pour visiter le musée ».

Plages du Débarquement
Plages du Débarquement

Randonnées historiques et cyclistes au bord du canal de Caen à la mer

Ça peut sembler bizarre, mais non ! Visiter un cimetière n'est pas contre-indiqué en vacances. Ce sont souvent des espaces reposants, ombragés, hors du temps, certains s'y ressourcent. Quelques-uns de ces cimetières militaires normands (il y en a une trentaine au total) représentent même de beaux paysages, avec des alignements impeccables. Je vous propose de visiter celui de Ranville (Calvados), pas très loin de Sweet Home, à Cabourg. Ce cimetière britannique accueille également – c'est une des particularités du lieu – des sépultures de soldats allemands. Mais l'essentiel des tombes (2150 sur les 2560 au total) est britannique. Ce sont les soldats tombés au combat, membres de la 6e division britannique aéroportée. Elle tient une histoire elle aussi particulière. Cette division, dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, libère la première maison de France : le café Gondrée, à Bénouville. C'est à côté du Pont Pégase (ou Pegasus Bridge) nommé ainsi en hommage à la 6e division dont l'emblème était le cheval Pégase. Au café Gondrée, il est probable que vous croisiez l'une des témoins de cette époque, Arlette Gondrée. Elle était gamine lorsque débarquèrent les Britanniques avec lesquels elle est restée très liée. Vous verrez, elle a d'ailleurs une vraie grande classe, tout à fait british.

Plages du Débarquement
Plages du Débarquement

Au Pont Pégase, au bord du canal de Caen à la mer, ou au bord de l'Orne, vous pouvez rayonner grâce à de beaux circuits de randonnées pédestres ou cyclistes. Profitez notamment de celui, en bord de canal, allant de Caen à Merville-Franceville (2 hôtels clubs Cap France : Bon Séjour la Plage et la Résidence du Bois Flotté : 20 kilomètres splendides ! Pour les amateurs de cimetières et de tourisme historique, je vous recommande aussi de stopper à Asnelles-sur-Mer, où siège un autre village vacances normand, Les Tourelles. C'est à Asnelles que repose l'un des grands héros de la Résistance française, Maurice Schumann, Porte-parole de la France Libre et Compagnon de la Libération. Alsacien d'origine, il a voulu être inhumé dans ce village par lequel, le 6 juin 1994, il avait retrouvé sa terre natale. Vous visitez également à Asnelles quelques vestiges de la Seconde Guerre mondiale et du Débarquement, notamment un des ouvrages du célèbre Mur de l'Atlantique. Au fait, savez-vous comment on nommait Asnelles-sur-Mer au XIXe siècle ? Asnelles-la-Belle-Plage ! Certains disaient aussi « le petit Trouville ». Comme c'est chou...


Vianney Huguenot

Journaliste, hexagone-trotter, également chroniqueur en radio, animateur en télévision et auteur au Petit Futé, il sillonne la France depuis plus de vingt ans, alternant les coins méconnus et les pépites incontournables du tourisme français.